Suivi en Continu

Le Groupe de Recherche sur les Processus Psychothérapique de McGill (MPPRG) a comme objectif de colliger, d’analyser et de partager toute information pertinente pouvant aider les cliniciens à utiliser de façon efficace des méthodes de suivi en continu avec leur clientèle.

 


Le suivi en continu peut être réalisé à l’aide d’outils qui évaluent de façon continue les progrès du client. De plus, il donne aux cliniciens une rétroaction systématique concernant la réponse des clients au traitement psychothérapeutique. (Overington & Ionita, in press).  Ces mesures de suivi en continu sont destinées à une utilisation régulière (c'est-à-dire à toutes les séances), tout au long du traitement. Leur fonction principale est de fournir aux cliniciens un guide pour demeurer alerte quant aux « signes vitaux » du fonctionnement psychologique des clients, permettant aux cliniciens d’évaluer facilement et rapidement les progrès accomplis (Lambert, & Shimokawa, 2011).

Mesures de suivi en continu populaires

  • Polaris - Mental Health (formerly known as the Treatment Evaluation and Management System; Grissom, Lyons, & Lutz, 2002)
    http://www.polarishealth.com/
  • Behaviour and Symptom Identification Scale – 24 (BASIS-24; Eisen, Normand, Belanger, Spiro, & Esch, 2004)
    http://ebasis.org
  • Behavioural Health Measure – 20 (BHM-20; Kopta & Lowry, 2002; formerly Behavioural Health Questionnaire-20)
    http://www.celesthealth.com/
  • Partners for Change Outcome Management System (PCOMS) which includes the Outcome Rating Scale (ORS) and the Session Rating Scale (Miller, Duncan, Sorrell, & Brown, 2005) 
    http://www.scottdmiller.com/?q+node/6 

Note: Ceci n’est pas une liste exhaustive. Si vous connaissez une mesure qui devrait être ajoutée à cette liste, veuillez communiquer avec Gabriela Ionita à cette adresse : gabriela.ionita@mail.mcgill.ca

Avantages du suivi en continu

Identifier les clients qui ne présentent aucune amélioration clinique

  • L’OQ-45 permet d’identifier 100 % des clients qui subissent une détérioration au terme du traitement; 86% d'entre eux ont été identifiés entre la première et la troisième séance. Cette mesure a également prédit correctement des résultats positifs chez 82 % des clients. (Hannan et al., 2005).
  • Il a été démontré que fournir aux cliniciens une rétroaction provenant des mesures de suivi en continu (particulièrement de l’OQ-45 et la PCOMS) mène à de meilleurs résultats pour les clients qui ne répondent pas bien à la thérapie, comparativement aux thérapies où aucune rétroaction n’est donnée (p. ex. Bohanske & Franczak, 2010; Hawkins, Lambert, Vermeersch, Slade, & Tuttle, 2004; Lambert & Shimokawa, 2011; Lambert & Vermeersch, 2008; Lambert, Whipple, Hawkins, Vermeersch, Nielson, & Smart, 2003; Miller, Duncan, Sorrel & Brown, 2005; Reese, Toland, Slone & Norsworthy, 2010; Shimokawa, Lambert & Smart 2010)

Augmentation de l’efficacité et de l’économicité du traitement

  • L’OQ-45 a aidé à la rétention de clients qui ne progressaient pas comme prévu et qui risquaient d’abandonner leur thérapie prématurément. De plus, l’OQ-45 a aidé à réduire le nombre de séances données aux clients qui cheminaient comme prévu, sans pour autant réduire l'efficacité de la thérapie (Lambert & Vermeersch, 2008).
  • La PCOMS a contribué à diminuer le taux d’annulation. Aussi, cette mesure a aidé à réduire la durée des soins (Bohanske & Franczak, 2010)..
  • Les mesures de suivi en continu requièrent un temps minimal pour être administrées, codées et interprétées. Le temps d’administration varie entre moins de deux minutes pour la PCOMS (Miller, Duncan, Sorrel, & Brown, 2005) et 10-15 minutes pour la Polaris-MH (APA, 2011).
  • L’évaluation et l’interprétation des résultats sont facilitées par l’ajout d’un système de cotation et de rapport en ligne pour la plupart des mesures de suivi en continu. Cela permet la création presque instantanée de rapports globaux et d’analyses comparatives créés individuellement.
  • La combinaison de ces mesures avec une technologie de pointe élimine beaucoup de temps passé à gérer la paperasse. De plus, les clients peuvent répondre aux mesures par voie électronique sur un ordinateur à la clinique ou sur leur propre ordinateur avant d'arriver à leur séance.

Évaluation de la qualité des services

  • Les mesures de suivi en continu peuvent être utilisées afin de comparer les données de différents groupes (provinces, organisations : Barkham, Hardy, & Mellor Clark, 2010; Barkham et al., 2001; Lueger & Barkham, 2010; cliniciens et clients : e.g. Behavioral Health Laboratories, 2003).

Application large

  • Les mesures évaluent généralement trois domaines principaux :
  • Symptômes psychologiques (ex. anxiété, dépression, sommeil, etc.)
  • Bien-être (satisfaction générale, etc.)
  • Fonctionnement (ex. école/travail, sexuel, etc.)
  • Les mesures ont été conçues pour être trans-théoriques (ex. Kraus & Castonguay, 2010; Lueger & Barkham, 2010)

Pratique basée sur les données probantes

  • Les mesures de suivi en continu permettent aux cliniciens d’introduire des données probantes dans leur pratique :
    • L’OQ-Analyst (le système combiné avec le OQ-45) a été ajouté au US Department for Health and Human Services: Substance Abuse and Mental Health Services Administration’s (SAMHSA; 2010) National Registry of Evidence-based Programs and Practices (NREPP).
    • La PCOMS est actuellement examinée par le SAMHSA’s NREPP (Duncan, 2011)
    • Grissom et Lyon (2006) soutiennent que la Polaris-MH permet aux cliniciens de documenter l’efficacité de leurs services, puisqu’elle peut démontrer le progrès des clients et répondre à la question "Est-ce le traitement fonctionne pour ce client en particulier?" (p. 13).

Comment les mesures de suivi en continu fonctionnent?

Le progrès du client est évalué en comparant le résultat du client à une autre prise de mesure comme :

  • Des seuils préétablis (ex. CORE-OM; K. McCrea, communication personnelle, 15 février, 2012)
  • Les résultats de la séance d’évaluation du client (ex. BASIS-24; J. Berkowitz, communication personnelle,15 février, 2012)
  • Une courbe dose-réponse (ex. TOP; Kraus, communication personnelle, 8 février, 2012) – une courbe démontrant la relation entre le nombre de séances de traitement et l’amélioration du client.

Les écarts par rapport aux changements attendus dans les résultats indiquent aux cliniciens que les clients progressent comme prévu, que son état se détériore, ou qu’il n’y a aucun changement.

Cette page web sera développée d’avantage sous peu. Veuillez communiquer avec Gabriela Ionita si vous souhaitez être mis au courant des mises à jour.

© 2012 Ionita, Fitzpatrick & Overington

References